Clarisse Darques jeune pousse prometteuse

Place aux jeunes ! Une fois n’est pas coutume, nous nous intéressons à une styliste qui débute dans une entreprise à forte notoriété bien que n’évoluant pas dans le luxe. Clarisse Darques est diplômée en Design Industriel du Strate College Designer (Sèvres). Dans le cadre de son cursus, ses stages successifs l’ont conduite tour à tour chez Promostyl (bureau de tendances international) à Paris, Lancel et Paquetage. Entre-temps , Erasmus lui permit de passer quatre mois à l’Ecole des Beaux-Arts de Tallinn (Estonie). Son stage diplômant de 6 mois chez Paquetage fin avril 2011 lui a ouvert les portes de cette entreprise qu’elle a intégrée en décembre 2011.

Vous êtes entrée chez Paquetage il y a un an. Quel  été votre cursus étudiant avant d’intégrer votre première entreprise ?

Clarisse Darques : Je viens d’un domaine artistique proche du stylisme, le Design Produit. J’ai commencé par un BTS Design Produit à l’Institut Sainte Geneviève (Paris), au cours duquel j’ai effectué un stage dans le bureau de tendances Promostyl. J’ai travaillé au département « lingerie & beach wear ». Mon premier pas dans la mode. Ensuite j’ai intégré l’école Strate College Designer (Sèvres), toujours dans le secteur du Design produit, dont je suis ressortie diplômée Designer Industriel. Cette fois-ci, c’est chez Lancel que j’ai effectué un stage d’étude. Mon attirance pour la mode a toujours été très présente. Et la maroquinerie se trouvait être le parfait compromis entre le stylisme et le design d’objet.

 

Connaissiez-vous Paquetage avant votre arrivée dans l’entreprise ?

C.D. : A la fin de mon cursus, je devais effectuer un stage diplômant afin de valider mes études. Je ne connaissais pas Paquetage et c’est par hasard, via un site de ventes privées, que je l’ai découverte. La marque m’a tout de suite plu, c’était un véritable coup de cœur. Les modèles étaient épurés mais il y avait toujours un détail travaillé qui faisait sortir chaque sac du lot. Lors de ma recherche de stage, je me suis dit « soyons folle, osons leur écrire ». C’est par l’humour que j’ai réussi à attirer leur attention en leur écrivant un mail « de motivation » atypique. Ensuite, coup de fil de Marie-Christine Frison, responsable des collections, et entretien avec elle : le courant est tout de suite bien passé entre nous.

 

Quel est votre rôle chez Paquetage ?

C.D. : Je suis styliste junior, mais aussi multi-casquette. Je m’occupe non seulement de décrypter les tendances avec Marie-Christine Frison, du dessin des lignes, mais aussi de la création du catalogue, des photos et des visuels de campagne. On peut dire que je ne m’ennuie pas.

 

Vous ne connaissiez-pas Paquetage avant votre stage, mais aujourd’hui, quelle idée vous en faites-vous ?

C.D. : Baignant dans l’univers Paquetage depuis fin avril 2011, selon moi c’est une marque qui met l’accent sur la couleur. Certes, elle n’oublie pas les basiques comme le noir et le marron, mais elle s’efforce d’inclure des couleurs subtiles, toujours dans le souci qu’elles soient faciles à porter. Paquetage est aussi une marque ludique et ouvertes à toutes les tranches d’âge. Désireuse de plaire autant à l’étudiante qu’à la femme active, elle propose un éventail de lignes variées. C’est une griffe éclectique et abordable pour toutes.

 

Que pensez-vous de la mode des années 2010 ?

C.D. : Nous sommes une génération qui a envie d’évasion par le rêve, car les temps sont durs. On ne peut ignorer que la mode puise son inspiration dans les films ou le séries qui ont marqué notre société. Les imprimés sont de plus en plus typés et envahissent les supports en all-over, les couleurs sont plus tranchées ou les mélanges plus audacieux. Le Vintage fait aussi son grand come-back. Ce retour du passé est une manière de se rassurer et d’exprimer sa nostalgie du « bon vieux temps ». Il y a une ode au souvenir et une volonté de marquer son appartenance à une tendance, voire un groupe. Pour moi, la mode est un moyen incourtournable d’expression de soi.

 

Et quelle idée vous faites-vous de la maroquinerie actuelle ?

C.D. : Elle va de pair avec les fluctuations de la mode. Beaucoup de volumes sont quasiment des répliques de sacs rétro. Bien sûr, les manières de traiter cette inspiration sont différentes : on aura toujours des opposés : rigide/souple, structuré graphique/loose, etc. J’ai surtout l’impression que ls habitudes se déracinent. Les mini-pochettes, utiles pour ne transporter que le strict nécessaire en soirée, envahissent  la rue le jour. On a aussi une forte émergence du sac « utilitaire ». Maintenant, les femmes ne portent plus un sac à la fois, mais deux. Le premier pour emmener son attrait féminin habituel, en matière épaisse, doublé et plus travaillé. Et le second, plus basique, souvent en toile, pour transporter quelques dossiers ou son repas du midi. Avant, on avait un sac en plastique jetable ou en papier. Maintenant c’est un sac en tissu plus durable.

 

Selon vous, en ce début  2013, le sac féminin est-il toujours un produit leader dans la mode comme il l’a été dans les années 2000 ?

C.D. : Oui, mais autrement. Le sac à main prend un nouvel élan avec des matières détournées ou recyclées, qui peuvent donner lieu à de superbes associations. C’est un segment à exploiter, tout comme le sac « utilitaire ». Peu importe la génération, la femme aura toujours besoin d’un sac pour se sentir belle et compléter esthétiquement sa tenue. Le sac est le point d’orgue de la personnalité. Avoir la possibilité de l’assortir et d’en changer au gré de ses humeurs n’est plus forcément un luxe de nos jours.

 

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