INVESTIPOLE Détective privé nous ouvre ses portes

Rendez-vous avec monsieur David Liobard, l’un des deux directeurs des agences de détective privé

Investipole, qui nous reçoit au siège, à Lyon.

 

Nous allons commencer er par votre parcours. Comment en arrive-t-on à devenir détective privé ?

Est-ce une vocation ?

 

Me concernant absolument pas, même si aujourd’hui je me dis qu’il ne pourrait en être autrement.

Mon parcours scolaire fut tout d’abord scientifique (Bac S), puis juridique (Les deux logiques se ressemblent d’ailleurs étonnamment). Je m’orientais vers une carrière de journaliste en 2004, jusqu’au jour où mon rédacteur en chef me proposa une interview d’un détective privé retraité. Je m’y suis rendu pensant découvrir une caricature avec son long imperméable marron et sa loupe à la main. Et finalement, l’interview qui devait durer une heure s’est éternisée toute une après-midi. J’y ai découvert une profession intrigante et passionnante. A la fin de ce rendez-vous, je me devais d’approfondir un peu cette profession. Après plusieurs rencontres de professionnels, je me décidai à postuler à l’IFAR (Institut de Formation des Agents de Recherche), accompagné de mon meilleur ami, lui aussi en licence de Droit.

Il en sera peut-être de même pour vous après cette interview…

 

Et comment passe-t-on de l’élève détective au directeur d’Investipole ?

 

Diplôme en poche, nous avons été recrutés dès le lendemain par une agence d’investigation marseillaise. Cela nous a permis de parfaire notre formation en touchant un peu à tous les types d’investigations, ainsi que de développer notre réseau. Une Un an et demi après, nous retournions sur Lyon, notre ville d’origine, pour créer la première agence d’Investipole, qui est aujourd’hui le siège.

 

Comment expliquez-vous cette ascension si rapide ?

 

Plusieurs facteurs. Le premier, avec un peu de prétention, fut l’énergie que nous avons passé sur chaque dossier. Nous sommes dans une profession ou le bouche à oreille fonctionne très peu au niveau des particuliers, car en principe, vous n’êtes pas fier d’avoir dû y avoir recours et ne le criez pas sur les toits. La publicité aussi, n’apporte que très peu de dossiers, car vous ne choisissez pas un détective à qui vous confiez une partie de votre vie privée sur un simple annuaire ou annonce publicitaire. La seule manière de réussir est de vous battre sur chaque dossier, afin que votre rapport soit décisif devant les tribunaux. Notre crédibilité, puis notre renommée se sont faite ainsi, devant la justice et les avocats qui nous ont envoyé de plus en plus de dossiers. Avec cette demande toujours croissante, nous avons créé une agence par an en moyenne (Saint-Etienne, Grenoble, Annecy…).

Nous verrons bien ou cela nous mènera !

 

Travaillez-vous plus pour les particuliers ou les entreprises ?

 

Je dirai que si l’on regarde le temps passé par nos enquêteurs sur le terrain, sans pouvoir être précis,

60 pourcents du temps est passé pour les missions de société (arrêts maladies frauduleux, infiltrations, concurrence déloyale…) et 40 pourcents pour les particuliers. Mais si l’on regarde le nombre de missions traitées, les chiffres s’inversent (60 pourcents de clients particuliers). Cette différence s’explique par le temps à passer sur chacune des missions. Une investigation sur un salarié, par exemple, peut vous prendre entre une semaine et plusieurs mois selon le préjudice, alors qu’un adultère vous prendre entre une soirée et quelques semaines. Petite parenthèse d’ailleurs, lorsque vous démarrez la profession, vous avez un plan de carrière, à savoir commencer par l’adultère, le plus simple, puis monter petit à petit jusqu’à traiter de grosses concurrences déloyales.

Nous traitons tous ces types d’enquêtes depuis de nombreuses années, et bien, je peux vous garantir que même après une semaine de 60 heures de mission de concurrence déloyale, nos enquêteurs se battent pour vouloir faire la petite mission d’adultère du vendredi soir ! Avec souvent la chance de terminer en week-end au soleil, au restaurant, ou dans un club dansant.

 

Quelles sont les qualités nécessaires pour être un bon détective ?

 

L’avantage de la profession de détective privé est que vous pouvez vous spécialisé selon vos gouts et compétences. Chez Investipole, vous devrez obligatoirement un excellent pilote et fileur, ce qui représente un peu plus de la moitié du temps passé sur le terrain. D’autres se spécialisent en recherche de débiteurs, sans avoir de permis de conduire.

Pour parler des détectives fileur Investipole, vous devez donc être un expert de la conduite et de la filature, être très réactifs, que ce soit dans votre disponibilité, ainsi que dans votre logique d’intervention, et être un très bon photographe.

 

Justement, les photos sont-elles recevables devant la justice ?

 

Les photos prises légalement oui bien entendu. A chaque détective de bien connaître le droit et de savoir dans quelles circonstances vous êtes autorisés, ou non, à prendre une photo. Cela tourne souvent autour de la problématique lieu privé/lieu public. Notre spécificité, qui a certainement contribué à notre ascension rapide, est de prendre un maximum de photos. Certains détectives déclarent que le seul rapport écrit fait fois car nous sommes agrémentés, et que les photos sont inutiles. Nous pensons tout à fait le contraire. Tout d’abord, ce n’est pas l’agrément d’un détective qui lui fera gagner un procès, mais la qualité des preuves qu’il amène devant la justice. De plus, nous

sommes mandatés pour constater, pas pour argumenter, déduire… L’impact d’une seule photo peut

être bien meilleurs que dix pages de rapports écrit, plus facile à contredire par les parties adverses.

Enfin, notre déontologie nous oblige à justifier notre travail de terrain auprès de nos clients, ainsi que

les heures réalisées. A mes débuts, j’avais presque la sensation que mon appareil photo était greffé à

mon bras, à force de l’utiliser.

 

Vous évoquiez les confrères, comment jugez-vous la profession de détective privé, en général ?

 

Question très délicate…

Tout d’abord, je pense que notre profession, comme partout, est composée de très bons éléments, et de très mauvais. Nous n’y échappons pas, il en est de même avec nos confrères les avocats. La loi

de 2003 a permis d’éradiquer une bonne partie des détectives malhonnêtes, même s’il en restera toujours un peu.

 

Comment doit-on choisir un détective privé ?

 

La première chose à faire est de vérifier qu’il est bien titulaire d’un agrément préfectoral (aujourd’hui CNAPS), en appelant la préfecture. C’est une obligation pour un détective mais cela vous évitera d’avoir affaire à une personne physique ou morale, vendant de l’investigation sans en avoir le droit.

Ensuite, essayez de vous faire conseiller par un proche, un avocat, un juriste.

Si vous en appelez plusieurs, n’hésitez pas à regarder les différents chiffres d’affaires, l’ancienneté, le

nombre d’agents du cabinet… sur internet.

Il y a les agences de plusieurs détectives et les indépendants. Il y a de très bonnes agences et de très

bons indépendants…et de très mauvaises agences et très mauvais indépendants. Les agences ont souvent plus de moyens et plusieurs enquêteurs, les indépendants sont plus esseulés mais quelques fois plus proches du client. Tout ceci n’est pas une science exacte, et l’essentiel étant d’avoir un détective efficace et à l’écoute.

 

Quel rapport avez-vous avec les avocats ?

 

Très bons avec les avocats à qui nous faisons gagner des procès, très mauvais avec les parties adverses qui les perdent ! Je rigole.

En France, et même si la barrière inquisitoire / accusatoire n’est pas aussi définie qu’elle n’y parait, les détectives n’ont pas accès au dossier juridique, et les avocats n’ont pas de moyens d’investigations.

En règle générale, nos rapports sont alors très bons, car limités nans nos domaines respectifs. Nos buts étant communs, à savoir la défense de nos clients. L’appel au détective privé se démocratise de plus en plus, et devient souvent le seul recours pour obtenir les preuves nécessaires. Il y a malheureusement encore quelques avocats de la vieille école, dissuadant leurs clients, mais cela évolue.

 

Comment souhaitez-vous que la profession évolue ?

 

Cela va vous paraître étrange, mais contrairement à beaucoup de confrères, je ne souhaite pas une plus importante médiatisation des détectives. Aux Etats-Unis, cela est presque entré dans les mœurs dans certains Etats, vous avez votre avocat et votre détective. Je pense justement que l’une de nos forces est le fait de rester dans l’ombre. Nos cibles sont alors beaucoup moins méfiantes et ne s’imaginent que rarement être suivies. Si demain, nous ne parlions que de nous, les filatures deviendraient plus délicates et nécessiteraient plus de moyens.

Il en est de même pour un statut d’auxiliaire de justice, qui, certes, nous apporterait une notoriété supplémentaire, mais, à mon avis, nous limiterait dans nos investigations. A partir du moment ou nous ne faisons pas d’usurpation d’identité ou de profession protégé, nous pouvons, aujourd’hui, nous faire passer pour de multiples personnages. En devenant auxiliaire, il y a fort à parier que l’on nous oblige à montrer patte blanche.

J’espère et j’imagine qu’en avançant dans le temps, seules resteront les détectives et agences fiables. Les autres disparaitront. Le chemin est encore très long…

 

Est-ce que cette profession a changé et affecté votre comportement personnel ?

 

Déjà, je peux dire qu’elle m’a rendu plus…affuté au quotidien. L’impression de retenir toutes les plaques d’immatriculation par exemple. Dans ma vie personnelle, cela m’a aussi permis de prendre beaucoup plus de recul par rapport aux soucis du quotidien. Lorsque vous voyez le malheur de vos clients, notamment quand cela touche aux enfants (pédophilie…), vous n’avez pas le droit de vous lamenter pour un rien ! Par contre, l’adrénaline et la tension quotidienne font qu’en rentrant chez vous, vous vous devez d’oublier ce que vous voyez en travaillant, et ce n’est pas toujours évident. Comment voulez-vous dormir paisiblement lorsque vous savez que la petite fille que vous recherchez peut être en grand danger…

 

Considérez-vous que vous exercez une profession dangereuse ?

 

Oui et non…

Dans les moyens d’investigation, bien entendu que notre conduite est à risque, vous oubliez chaque jour le code de la route et les excès de vitesse. Mais bizarrement, lorsque vous êtes en filature, vous êtes concentré à 150 pourcents, et cela vous parait normal.

Ensuite, sur la nature même des missions que nous réalisons, plus la missions est risquée (infiltration de sectes, affaires de drogue, de braquage….), plus nous prenons nos garanties, en mettant les moyens nécessaires (nombre d’enquêteurs…), et moins elle en devient dangereuse. Le danger devient présent lorsque vous ne le prévoyez pas, comme lorsqu’un amant sort de chez lui avec un fusil, après un constat.

 

Quels sont vos meilleurs souvenirs de travail ?

 

Encore une fois étrangement, les souvenirs les plus marquants ne sont pas les meilleurs. Lorsque vous retrouver une personne disparue depuis 15 jours, décédée, et que vous devez l’annoncer à sa famille par exemple. Lorsque cela touche à l’intégrité des enfants aussi. Le côté sombre du  détective

vu et caricaturé au cinéma est alors bien présent. Heureusement, ces moments sont rares, et notre quotidien est vraiment agréable. Le souvenir des clients pour qui nous avons changé leur vie suffit à notre bonheur.

 

Pouvez-vous nous raconter une anecdote marrante ?

 

Il y en a beaucoup ! Je dirais en matière privée, certains constats d’huissier. Vous organisez un constat d’adultère, à savoir voir entrer un couple le soir dans un appartement du quatrième étage. Vous restez toute la nuit en planque afin de vérifier que l’amant ne sort pas. Vous prévenez l’huissier et l’OPJ à 6 heures du matin, qui enfonce la porte pour constater l’adultère. Et l’huissier vous appel une heure après, nous disant qu’il ne le trouve pas, mais que toutes ses affaires sont bien présentes  ans l’appartement. Vous vous retrouvez avec votre lampe torche, en bas, dans la rue, vous levez les yeux, et vous voyez l’amant, en caleçon, qui avait réussi à se glisser derrière les volets alors qu’il n’y avait pas de balcon, au quatrième étage. Avec la fatigue de la nuit sans dormir, vous vous regardez avec votre enquêteur, et là, je l’avoue, vous riez aux éclats ! Il en a été de même avec un amant, retrouvé caché sous une pile de linge sale dans le sous-sol d’une maison, plus de 2 heures après le début du constat, tout blanc, qui se retenait de tousser alors qu’il était atteint d’une bronchite !

 

Quel sera votre secret pour continuer à évoluer ?

 

Il n’y en a qu’un : continuer à nous amuser en travaillant ! Il faut toujours garder cet esprit ludique (vous devez trouver la preuve, vous ne devez pas perdre votre cible…), tout en gardant en tête les responsabilités que vous avez, à savoir que vos clients, professionnels ou particuliers, jouent énormément en vous mandatant, quelquefois leur vie. Si vous commencer à prendre de manière trop brute ce que vous voyez au quotidien, c’est le début de la fin.

 

Avez-vous des projets personnels et professionnels ?

 

Heureusement ! Personnels oui mais ils le resteront.

Et professionnels, je dirais de continuer à évoluer, à créer des agences. Mais malheureusement, notre renommée nous oblige à recruter de très bons enquêteurs, et malgré les très nombreuses candidatures, ils sont rares ! Notre évolution est toujours tributaire de la qualité des détectives qui postulent.

 

Question hors sujet comme nous en avons l’habitude pour finir : Peut-on agir moralement sans s’intéresser à la politique ?

 

Ah oui…vraiment hors sujet ! J’ai entendu cette question il n’y a pas longtemps.

 

C’était l’un des sujets du bac de philo cette année.

 

Vous trichez alors ! Eux avaient quatre heures pour y répondre !

Euh…pour ne pas m’étendre, je vous retournerai la question : Qu’est-ce que la politique ? Sans entrer dans les détails, est-ce qu’un joueur de foot qui fait rêver des millions de personnes, est-ce que France 98, est-ce qu’un bénévole aux restos du cœur, est-ce qu’un détective qui se bat pour faire éclater des vérités…ne sont pas politique ? Et surtout, est-ce qu’ils ne sont pas plus politique qu’un candidat en campagne électorale, et ayant alors un dialogue électoraliste et donc dénué de  convictions, devant son pupitre et ses caméras ?

Non nous ne pouvons agir moralement sans s’intéresser à la politique, mais à mon humble avis, beaucoup de gens s’intéresse à la politique sans forcément être membre d’un parti, lire les journaux, écouter les débats, et sans même faire de bruit, seulement en s’investissant à leur niveau, dans leur vie de quartier ou même de famille. Pour moi c’est politique et bien plus moral que beaucoup de politiciens !

Voilà, alors ? Ça vaut combien ? 6 hors sujet ?

 

http://www.detective-lyon-69.fr

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